Mouss: The Blog That Goes Like This

un blog écrit en toute simplicité sur les malheurs et bonheurs d'une pauvre petite fille riche

19 mars 2008

Le récit d'Yves

En ce moment tout dans ma vie prête à penser que je vais bien: le côté soixante-huitard de mes parents ressort, mon mec est extraordinaire, mes amis sont virtuellement super sympa, j'ai l'impression de ne pas les avoir vu depuis noël et pourtant nous nous tenons au courant de nos vies, nous nous envoyons des conneries, finalement le blog a son utilité. Ah oui et aussi je vais partir en escapade en amoureux avec quelqu'un avec qui je ne sors pas mais que j'aime quand même (à peu près autant que la gym). Et pourtant depuis deux semaines je tire une tronche de 3 kilomètres et je traîne les pieds de mon lit à la fac et de la fac à mon lit, pas que le reste ne m'intéresse pas, juste que le contenu de mes journées types me détruit le moral à coups de pic à glace…
    Quand j'ai eu mes résultats l'année dernière j'étais aux anges, j'allais enfin entamer les vraies études, entrer dans le vif du sujet! C'est le sourire aux lèvres que je me suis inscrite en L2 Science politique mention politique et sociale (si, je vous jure, ils OSENT donner un tel libellé à l'année de merde que je passe, tout le prestige de cette fac passe dans là dedans en fin de compte chez cul-cul). Ah oui mais en fait j'ai une année de droit avec quelques crottes en plus ou choses qui changent. Pourquoi diable, moi qui veux faire des sciences po, suis-je attifée de droit civil en matière à haut coefficient, ce pan du droit étant du domaine des marchands de chiffons qui vont négocier leurs carpettes à coup de promesses de contrat synallagmatique? Je me le demande encore. Ces derniers temps je me demande ce que je fous là, si le temps que je passe dans cette fac d'une rue chic n'est pas du temps perdu et la question du purpose revient sans cesse. Où est ma place, bordel? Que fais-je ici?

 

    Enfin ce diplôme à la con n'a pas que des mauvais côté, une quinzaine de gens tous aussi paumés que moi ont décidé de faire la même chose et qui, à mon instar ce sont exposés aux mêmes déceptions que moi au début de l'année. En plus c'est drôle, dans la fac, rares sont les professeurs qui connaissent cette filière, personne ne parle de nous et nous passons nos examens dans une salle à part, loin des vrais étudiants en droit qui doivent je l'imagine rester purs. C'est tout de même étonnant pour une fac qui a vu passer pas mal d'hommes politiques de laisser tomber en lambeau les petites classes…Bon certes c'était souvent des gens d'extrême droite ou des présidents-dictateurs africains ou Mitterrand (je ne me résous pas à le classer à gauche…). Et finalement apprendre des choses qui sont tout juste amusantes mais pas intéressantes c'est assez éprouvant. J'ai la très mauvaise impression d'avoir ouvert la porte du placard en pensant tomber sur un escalier, j'entends la petite voix de mes jeux vidéos de ma préadolescence qui me dit "no no no no! Wrong way!". Je fais passer le temps et je prie en ce à quoi je ne crois pas pour que demain soit un autre jour, si possible un mercredi parce qu'en plus d'être le jour des enfants c'est le jour intéressant… Le seul jour où en cours j'ai l'impression d'en savoir plus que mes "camarades", le jour où je ne glousse pas bruyamment quand un professeur dit "dans quelques années, quand vous serez juristes" (n'empêche, elle est bonne celle-là), et un peu aussi le jour où j'oublie cette fac où je joue à classer les gens: les mormons, les étrangers qui ont des trop bonnes notes parce qu'ils ne sortent pas de leur foyer étudiant, les putes habillées en grand couturiers, ce qui ne les rend pas plus jolies. Je joue aussi régulièrement à "lui je l'aime pas" ce qui revient à se poster devant une personne, sourire cyniquement en pensant très fort (ou en chuchotant à l'oreille d'une rare personne appréciée) "lui, je l'aime pas" puis j'accélère le rythme pour finir par des "con, moche, moche, geek, suceuse, crâneuse, même pas en rêve, et oh laisse-moi deviner, toi ton père est milliardaire mais tu veux pas que ça se sache?", après Kuzco je suis la plus forte.

 

    Mercredi dernier j'ai reçu l'irrecevable, ce que je redoutais alors que le reste du monde l'attendais, je n'en avais même pas prévenu mes parents (en même temps je soupçonne mes parents de ne pas savoir ce que je fais exactement comme études) et j'attendais patiemment dans mon lit que le site se mette finalement à jour. Le verdict tombe: ajournée. Je déteste ce mot qui a été inventé pour déclencher des larmes. Ben ça ne prend pas, mes joues sont sèches comme le désert australien. Je ne dirais pas que ça ne m'atteint pas mais je n'en fais pas un plat (juste un article), en même temps je n'ai échoué que dans deux matières, dont une qui était sensée être ma préférée (5 en pénal, bordel!) et ai frôlé la moyenne en vente de chiffon (que les adorateurs du droit civil ne m'envoient pas de lettre de menace, on a besoin de droit privé, c'est juste que personnellement l'intérêt général me touche plus que les contrats entre particuliers) et j'ai même validé les petites matières dont des oraux et je n'en suis pas peu fière, étant donné que parler à un interlocuteur qui me juge est un exercice incroyablement difficile pour moi (en revanche un public ça passe beaucoup mieux…Vous avez dit bizarre? Comme c'est étrange.). Puis il n'y a qu'à voir les matières pour se rendre compte de ce que j'aime, comme mon 17 en politique américaine par exemple…

 

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    Sauf (que) du cou(p) je suis victime d'une énorme baisse de motivation. Il faut dire que mes copains futurs politologues sont très souvent dans le même cas que moi, certains ayant même franchi le pas de l'abandon subit et total des études (ma copine Jessy qui se barre 7 mois en Australie ça me dégoute au plus haut point…). Qu'adviendra-t-il de moi? Aurai-je de bonnes notes à ramener à papa? Vais-je comme ma sœur et mon président redoubler ma deuxième année de droit (pitié, non…)?

 

J'ai pris une décision cette semaine: voir les choses à la balinaise. Ou à la Spamalot, c'est selon. Bref je vais tenter de voir le bon côté des choses.

 

Prenons le mois de juin comme butoir: si j'ai mon année je fais une fête où tout le monde sera invité (même ta maman, même les gens que je n'aime pas) et où nous rirons et ****erons jusqu'à plus soif si bien qu'à côté mes 20 ans paraîtront être un goûter insignifiant. Si en revanche je n'ai pas mon année (même après rattrapages) je prendrai mon mâle en patience (oui oui, c'est voulu) et m'inscrirait certainement dans un autre diplôme en sus, je suis une rousse pleine de ressources, je pense même qu'il faudra faire un choix.

 

En attendant j'ai une carotte qui me fait avancer, je regarde les matières de la L3 en laissant couler derrière moi un filet de bave, là il y a peu de chances pour que ce programme ne me déçoive! "Si je pouvais saisir ma chance, elle est là devant moi"…Je crois aux fées…I do, I do.

 

Entretemps il me reste toujours de superbes hobbies comme arracher les stickers du RED! :D

Posté par Muchette à 12:19 - 100% Pur Mouss - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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