23 avril 2008
Frou frou
Comme il paraît que sortir de chez soi avec des vêtements est un de nos us intégré, ce matin là je me dirigeais vers le gros meuble Ikéa blanc qui me sert d'armoire à habits afin d'en porter quelques uns sur le dos. J'ouvre le porte: horreur, un étage tout entier est vide, j'ai fait le tri de ce que je ne portais plus la veille et on dirait qu'une grosse mitte a dévoré le coutenu de l'armoire. Sur le moment je ne vis qu'une chose à faire, poser mes deux mais sur les joues et hurler le moins distinctement possible un magnifique "je-n'ai-plus-rien-à-me-mettre!". Certes j'exagère mais chaque fille sait que toute bonne garde robe est divisée en 2 grandes catégories (qui elle-même sont à diviser en des centaines de sous catégories): les vêtements de tous les jours et les autres. Les 3/4 des habits que je possède sont à classer dans "les autres". J'ai de quoi habiller le Moulin Rouge vu la quantité de plumes, paillettes, corsets et résilles que je possède. Sans compter les robes que j'adore mais qui font très très habillées pour aller en cours un lundi matin. Du coup soit je m'habille comme une princesse tous les jours soit je lave vachement souvent mes jeans.
Il était grand temps de remédier à tout ça et j'ai pris une grande décision: faire des courses de fringues. Au départ je n'avais qu'un seul problème: un manque flagrant de fric. Le pouvoir d'achat et son président n'arriveront pas à me faire trépasser, ni une, ni deux je file dans des boutiques soit disant pas chères et me force à rester dans le rayon "casual" afin de ne pas ressortir une nouvelle fois avec une énième robe à paillette. C'est un second aléa (mon Dieu, je deviens juriste) qui arrêta ma fièvre achteuse: c'est vraiment super moche. Des jeans slims, des choses jaune poussin (oui, désolée Thomas mais le jaune en vêtement c'est souvent laid), d'autres hauts super larges ou coupés pour des portes manteaux mais qui en vrai donnent l'impression d'une femme enceinte. Beurk beurk beurk, je préfèrerait encore investir dans de la lessive pour mettre mes vieilleries plus souvent, parfois j'ai envie de me mettre à fabriquer mes propres fringues tant mes goûts semblent en désaccord avec la "mode", toi aussi bientôt tu porteras du "Mouss". Puis la réponse a attéri toute seule comme une grande dans ma boîte aux lettres: un carton d'invitation pour la braderie Sonia Rykiel. Voilà c'est bien ça, j'aurais enfin l'occasion de porter des habits classes mais pas extravagants.
Tu parles. Bon, l'avantage avec le mot "braderie" c'est que ça veut dire que je ne paierait pas 500€ le kilo de tissu. Une fois là-bas je suis entourées de clones de mademoiselle Agnès et de grandes doudou blacks. Les premières tendant vers le 36 et les dernières vers le 46 j'ai eu tout le loisir d'essayer les habits que je voulais. Ah oui. Mais au lieu de tomber sur des choses sobres et classes je craque littéralement sur tout ce que la mode a fait de plus inutile: des plumes (inlavables ou alors le prix de la fringue au pressing), des paillettes, des choses qui n'ont qu'une manche, des culottes à rayures, un slip doré, de la tulle à foison, une combinaison de chaaatte. Bref que des choses qui me font briller les yeux mais toujours rien de simple à porter.
Ma foi tant pis, si je dois attendre les grandes occasions pour porter des vêtements de la seconde catégorie ils seront tous abimés d'ici là. Si j'osais la paillette au quotidien?
14 avril 2008
Mayo-lit
Lundi dernier en me levant pour me rendre à mon contrôle de marchandage de chiffon je lève mes volets et pose le regard sur ces points blancs dans le bac de fleurs qui se trouve derrière la vitre. Et ce n'est pas de la neige.
La veille une scène des plus saugrenue est arrivée chez moi, ç'aurait pu sortir d'un film indépendant (je ne sais pas exactement ce que c'est mais j'adore cette idée). Au traditionnel déjeuner dominical alors que je me demande dans quel lit je ferai ma sieste après le kougelhof mon père me regarde et me lance un "c'était son anniversaire hier
- Je sais, rétorque-je en baissant le regard, je croyais sincèrement qu'ils avaient oublié, quelque part je l'espérais.
- On va faire une petite cérémonie?
- Euh…Ok."
Nous voici donc dix minutes plus tard tous les trois sur un coin de la terrasse attifés d'une grosse boîte en carton posée sur la table. Mon père en déballe minutieusement le contenu, je le regarde emmitouflée dans ma grosse écharpe, habillée comme une célibataire endurcie et coiffée avec un écumoire, je suis aussi immobile, que le rhododendron à moitié crevé à côté de moi. Ma mère, elle, armée d'un sécateur coupe nerveusement des branches au hasard. Une fois la boîte ouverte et le sac plastique déscotché mon père me tend un papier qui fait office de "certificat". C'est incroyable tant c'est débile d'avoir besoin de paperasse de confirmation pour ce genre de choses. Je m'éclipse un moment le temps de le "ranger" (comprendre "d'aller l'enfouir dans un coin de ma chambre") le temps d'y jeter un coup d'œil. Tiens, ça a été fait à Etampes, même dans un moment comme ça j'arrive à penser à Vincent, c'est fou. Une fois de retour sur la terrasse je découvre une urne en faïence bleue et blanche, peinte à la manière des carreaux de Delft qui trône sur la table. Son couvercle est scotché à quatre endroits, décidément, ce n'est qu'un éternel prolongement de la laisse, moi qui pensais qu'elle serait enfin libre…En quatre coups de cutter l'affaire est réglée. Enfin presque puisque le couvercle est scellé par de la colle forte. Je réprime un gloussement derrière mon écharpe et j'imagine que ces urnes sont en fait fabriquées pour être montrée sur un rebord de cheminée dans le salon afin d'avoir un sujet de conversation dans les apéros mondains qu'on organise. S'en suit un passage que je vous présenterait bien en accéléré avec une musique à la Benny Hill derrière: sur un plan on voit papa qui use de ses biceps pour ouvrir l'urne, sur le suivant il la racle contre le bord de la table, ensuite il tente de gratter la colle avec ses ongles puis avec un couteau: bingo, le couvercle cède enfin. Son contenu est dans un sac en plastique que j'ouvre avec le dit couteau et je prends le récipient sous le bras. Maman coupe toujours des branches à gauche à droite tandis que nous nous dirigeons vers le pommier dans lequel je verse une certaine quantité de cette épaisse poussière blanchâtre. Mère se demande à haute voix dans quels coins elle préférait être, que ce serait bien de les privilégier. C'est vrai que depuis son départ les plantes sont presque toutes mortes ou en sale état, une bête qui broute les saloperies ça fait un bien fou finalement. Je repends de l'ailloli un peu partout mais il en reste encore énormément. Nous refermons le sac et décidons que la suite se fera en Suisse, très bientôt.
Je me demande toujours à quoi servent ces cérémonies de deuil surtout un an après. A oublier? Mais si on n'a pas envie d'oublier? A pleurer un bon coup avant de passer à autre chose? Peu m'importent les larmes et la mélancolie qui soit dit en passant se veut de plus en plus douce, je suis toujours heureuse de recevoir ses visites en rêves. Un an après je suis toujours déçue lorsque j'ouvre la porte d'entrée, quand je mange ou quand il y a de l'orage…Je n'ai pas besoin de regarder les géraniums gelés pour penser à ma Jolly.
09 avril 2008
Salon Planète durable
Samedi et dimanche je serai au salon Planète durable qui commence demain, vous me trouverez sur le stand Gaz de France pour des tas de jeux et informations. Vous aussi venez, il y aura des tas d'animations, choses très sauvages à acheter et des experts qui savent de quoi ils causent (mieux que moi, quoi).
19 mars 2008
Le récit d'Yves
En ce moment tout dans ma vie prête à penser que je vais bien: le côté soixante-huitard de mes parents ressort, mon mec est extraordinaire, mes amis sont virtuellement super sympa, j'ai l'impression de ne pas les avoir vu depuis noël et pourtant nous nous tenons au courant de nos vies, nous nous envoyons des conneries, finalement le blog a son utilité. Ah oui et aussi je vais partir en escapade en amoureux avec quelqu'un avec qui je ne sors pas mais que j'aime quand même (à peu près autant que la gym). Et pourtant depuis deux semaines je tire une tronche de 3 kilomètres et je traîne les pieds de mon lit à la fac et de la fac à mon lit, pas que le reste ne m'intéresse pas, juste que le contenu de mes journées types me détruit le moral à coups de pic à glace…
Quand j'ai eu mes résultats l'année dernière j'étais aux anges, j'allais enfin entamer les vraies études, entrer dans le vif du sujet! C'est le sourire aux lèvres que je me suis inscrite en L2 Science politique mention politique et sociale (si, je vous jure, ils OSENT donner un tel libellé à l'année de merde que je passe, tout le prestige de cette fac passe dans là dedans en fin de compte chez cul-cul). Ah oui mais en fait j'ai une année de droit avec quelques crottes en plus ou choses qui changent. Pourquoi diable, moi qui veux faire des sciences po, suis-je attifée de droit civil en matière à haut coefficient, ce pan du droit étant du domaine des marchands de chiffons qui vont négocier leurs carpettes à coup de promesses de contrat synallagmatique? Je me le demande encore. Ces derniers temps je me demande ce que je fous là, si le temps que je passe dans cette fac d'une rue chic n'est pas du temps perdu et la question du purpose revient sans cesse. Où est ma place, bordel? Que fais-je ici?
Enfin ce diplôme à la con n'a pas que des mauvais côté, une quinzaine de gens tous aussi paumés que moi ont décidé de faire la même chose et qui, à mon instar ce sont exposés aux mêmes déceptions que moi au début de l'année. En plus c'est drôle, dans la fac, rares sont les professeurs qui connaissent cette filière, personne ne parle de nous et nous passons nos examens dans une salle à part, loin des vrais étudiants en droit qui doivent je l'imagine rester purs. C'est tout de même étonnant pour une fac qui a vu passer pas mal d'hommes politiques de laisser tomber en lambeau les petites classes…Bon certes c'était souvent des gens d'extrême droite ou des présidents-dictateurs africains ou Mitterrand (je ne me résous pas à le classer à gauche…). Et finalement apprendre des choses qui sont tout juste amusantes mais pas intéressantes c'est assez éprouvant. J'ai la très mauvaise impression d'avoir ouvert la porte du placard en pensant tomber sur un escalier, j'entends la petite voix de mes jeux vidéos de ma préadolescence qui me dit "no no no no! Wrong way!". Je fais passer le temps et je prie en ce à quoi je ne crois pas pour que demain soit un autre jour, si possible un mercredi parce qu'en plus d'être le jour des enfants c'est le jour intéressant… Le seul jour où en cours j'ai l'impression d'en savoir plus que mes "camarades", le jour où je ne glousse pas bruyamment quand un professeur dit "dans quelques années, quand vous serez juristes" (n'empêche, elle est bonne celle-là), et un peu aussi le jour où j'oublie cette fac où je joue à classer les gens: les mormons, les étrangers qui ont des trop bonnes notes parce qu'ils ne sortent pas de leur foyer étudiant, les putes habillées en grand couturiers, ce qui ne les rend pas plus jolies. Je joue aussi régulièrement à "lui je l'aime pas" ce qui revient à se poster devant une personne, sourire cyniquement en pensant très fort (ou en chuchotant à l'oreille d'une rare personne appréciée) "lui, je l'aime pas" puis j'accélère le rythme pour finir par des "con, moche, moche, geek, suceuse, crâneuse, même pas en rêve, et oh laisse-moi deviner, toi ton père est milliardaire mais tu veux pas que ça se sache?", après Kuzco je suis la plus forte.
Mercredi dernier j'ai reçu l'irrecevable, ce que je redoutais alors que le reste du monde l'attendais, je n'en avais même pas prévenu mes parents (en même temps je soupçonne mes parents de ne pas savoir ce que je fais exactement comme études) et j'attendais patiemment dans mon lit que le site se mette finalement à jour. Le verdict tombe: ajournée. Je déteste ce mot qui a été inventé pour déclencher des larmes. Ben ça ne prend pas, mes joues sont sèches comme le désert australien. Je ne dirais pas que ça ne m'atteint pas mais je n'en fais pas un plat (juste un article), en même temps je n'ai échoué que dans deux matières, dont une qui était sensée être ma préférée (5 en pénal, bordel!) et ai frôlé la moyenne en vente de chiffon (que les adorateurs du droit civil ne m'envoient pas de lettre de menace, on a besoin de droit privé, c'est juste que personnellement l'intérêt général me touche plus que les contrats entre particuliers) et j'ai même validé les petites matières dont des oraux et je n'en suis pas peu fière, étant donné que parler à un interlocuteur qui me juge est un exercice incroyablement difficile pour moi (en revanche un public ça passe beaucoup mieux…Vous avez dit bizarre? Comme c'est étrange.). Puis il n'y a qu'à voir les matières pour se rendre compte de ce que j'aime, comme mon 17 en politique américaine par exemple…
Sauf (que) du cou(p) je suis victime d'une énorme baisse de motivation. Il faut dire que mes copains futurs politologues sont très souvent dans le même cas que moi, certains ayant même franchi le pas de l'abandon subit et total des études (ma copine Jessy qui se barre 7 mois en Australie ça me dégoute au plus haut point…). Qu'adviendra-t-il de moi? Aurai-je de bonnes notes à ramener à papa? Vais-je comme ma sœur et mon président redoubler ma deuxième année de droit (pitié, non…)?
J'ai pris une décision cette semaine: voir les choses à la balinaise. Ou à la Spamalot, c'est selon. Bref je vais tenter de voir le bon côté des choses.
Prenons le mois de juin comme butoir: si j'ai mon année je fais une fête où tout le monde sera invité (même ta maman, même les gens que je n'aime pas) et où nous rirons et ****erons jusqu'à plus soif si bien qu'à côté mes 20 ans paraîtront être un goûter insignifiant. Si en revanche je n'ai pas mon année (même après rattrapages) je prendrai mon mâle en patience (oui oui, c'est voulu) et m'inscrirait certainement dans un autre diplôme en sus, je suis une rousse pleine de ressources, je pense même qu'il faudra faire un choix.
En attendant j'ai une carotte qui me fait avancer, je regarde les matières de la L3 en laissant couler derrière moi un filet de bave, là il y a peu de chances pour que ce programme ne me déçoive! "Si je pouvais saisir ma chance, elle est là devant moi"…Je crois aux fées…I do, I do.
Entretemps il me reste toujours de superbes hobbies comme arracher les stickers du RED! :D


